27/03/2015

La mission quasi impossible des CFF

Le grand patron des CFF, Ulrich Gygi, n’a pas fait dans la demi-mesure. En ouverture de sa conférence de presse hier à Berne, il a déclaré que la Suisse avait «un des meilleurs transports publics du monde». On aurait dit du Ueli Maurer et sa «meilleure armée du monde». A une différence près. Le premier a des arguments objectifs pour étayer ses dires alors que le second pratique la méthode Coué.


Les CFF, tout champions qu’ils soient, sont cependant confrontés à un gros problème. Leur réseau dense et leur cadence élevée sont extrêmement coûteux. Non seulement pour les voyageurs mais aussi pour la caisse publique qui subventionne le transport public à coups de milliards. La situation financière se tend puisque les CFF doivent rénover leurs infrastructures pour assurer la sécurité tout en achetant de nouveaux trains, en poursuivant l’extension du réseau et en révolutionnant la billetterie.

Comme si cela ne suffisait pas, les CFF doivent composer avec une multitude d’acteurs qui ont des intérêts divergents, voire contradictoires: la Confédération, le personnel, les clients, les autres transporteurs, les politiques, etc. Un exemple de la difficulté de la tâche? Les CFF disposent d’une poule aux œufs d’or représentée par son parc immobilier. Tout de suite des voix s’élèvent pour que l’entreprise arrête de faire des «profits» et construise des logements bon marché.

Or les CFF sont largement endettés et sous perfusion de la Confédération. Les passagers ne paient que 50% du prix réel de leur billet. Tant mieux mais on comprend dès lors que l’entreprise, qui s’est fait taper sur les doigts mercredi par le Conseil fédéral pour son endettement trop élevé, ne s’excite pas outre mesure. Elle est confrontée à une mission quasi impossible.

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Commentaires

Ulrich Gygi ... vous parlez du même, de celui qui fût à la tête des P.T.T. ?
En abandonnant le monopole, les P.T.T. sont devenus La Poste et Swisscom S.A. et au passage, les dettes antérieures ont été effacées.

Il s'agissait juste de quelques "vulgaires" milliards de francs ...

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 04/04/2015

"Or les CFF sont largement endettés et sous perfusion de la Confédération. Les passagers ne paient que 50% du prix réel de leur billet."

Ce qui prouve objectivement que le train est plus cher que la voiture même lorsqu'elle ne transporte que son conducteur.
Et le prix des voitures baisse. Elles deviennent plus petites, plus légères, bientôt silencieuses et non polluantes et bientôt complètement sécurisées puisque conduites par des robots infaillibles.

Écrit par : PIerre Jenni | 06/04/2015

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