04/12/2014

Démocratie directe, mon amour!

Ah, la démocratie directe! Tout le monde l’aime. Et Simonetta Sommaruga, la nouvelle présidente élue de la Confédération, en a chanté ses louanges hier. «Les gens dans le bus n’arrêtent pas de m’en parler. Ils sont très attachés à ce système politique unique et fascinant.»


Cette déclaration d’amour surprend un peu. On avait plutôt l’impression ces derniers temps que la démocratie directe était un frein, voire un danger, pour la politique suisse. Que n’a-t-on pas entendu sur ces initiatives populaires, ou même «populistes», qui se multiplient et dégradent le rôle de la démocratie représentative.

Voilà pourquoi la tendance à Berne n’est pas de développer la démocratie directe mais, au contraire, de la freiner. Hausse du nombre des signatures, examen préalable et obligatoire de la conformité aux droits humains ou application plus stricte du principe de l’unité de matière, tels sont quelques changements qui sont préconisés pour les initiatives.

Ce serrage de vis est dû au fait que les initiatives populaires ont toujours plus de succès ces dernières années. Et cela dérange le doux ronronnement bernois. En fait la majorité des élus ne sont jamais aussi contents que lorsque des initiatives sont rejetées. Dimanche dernier, c’était Noël! On y vante alors la «sagesse» du peuple. Quand ce même peuple accepte une initiative qui déplaît à la majorité politique, il devient tout à coup abusé par la peur, incapable de comprendre les enjeux.

Simonetta Sommaruga, qui adore la démocratie directe, a tout fait pour retarder l’application de l’initiative victorieuse sur le renvoi des étrangers criminels. Et l’UDC, qui chérit la démocratie directe, fait tout pour vider de son contenu l’initiative victorieuse Weber sur les résidences secondaires.

La démocratie directe, c’est effectivement très bien. Surtout quand on en respecte l’esprit et la lettre.

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Commentaires

Que devient la démocratie lorsqu'en France il suffit d'un article de loi pour faire passer une résolution dont on sait que par les parlementaires elle aurait été refusée?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 20/03/2015

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