29/10/2014

Le djihad l’emporte sur Snowden

Si on résume brutalement les choses, le djihad l’a emporté sur Snowden. Hier, la Commission de politique de sécurité du Conseil national a donné largement son feu vert à un renforcement des moyens pour les services secrets suisses. Ces derniers vont pouvoir espionner partout, et non plus seulement dans l’espace public, les terroristes en puissance, islamistes ou non. Ils pourront bientôt poser des micros dans les appartements ou introduire des logiciels espions dans les smartphones ou les ordinateurs.


Cette intrusion massive dans la vie privée avait provoqué de vives réactions. Le problème? Que le Service de renseignement de la Confédération (SRC) s’arroge trop de pouvoir et que l’on en revienne à un Etat fouineur à l’ère digitale. Des craintes renforcées par le scandale Snowden, qui a permis de prendre la mesure de l’étendue incroyable de l’espionnage américain.

Il faut cependant raison garder. La Suisse ne boxe pas dans la même catégorie que les USA. Pour espionner véritablement quelqu’un, elle devra avoir l’aval du Tribunal fédéral et celui du chef du Département de la sécurité, voire du Conseil fédéral. On parle en moyenne d’une dizaine de cas par année.

Les critiques des opposants ont été largement entendues, notamment en ce qui concerne la conservation des données. Le préposé fédéral à la protection des données mettra son nez sur les procédures d’archivage du SRC afin d’éviter une nouvelle affaire des fiches. On peut donc dire que les garanties sont là pour respecter la sphère privée du commun des mortels tout en augmentant l’efficacité de l’Etat à traquer les individus dangereux.

Il est heureux que les passions soient retombées et que la loi sur le renseignement, qui passera au parlement en décembre, bénéficie désormais d’un large consensus. C’est plutôt rare à Berne ces temps-ci.

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