09/09/2014

Didier Burkhalter, la souris et le prince

Une fée s’est-elle penchée sur le fauteuil de Didier Burkhalter en 2014? Toujours est-il que la souris grise s’est transformée en prince charmant. Lui qui fuyait les journalistes et se réfugiait dans un verbiage technocratique, le voilà qui rayonne devant une nuée de caméras en tant que président de la Confédération ou de l’OSCE.


Lui qui avait oublié la Genève internationale dans son premier programme de législature, il la défend désormais bec et ongles. Hier, au moment de recevoir le Prix 2014 de la Fondation pour Genève, il déclarait lyrique: «Genève est un don pour la Suisse, un don pour le monde.» Et de raconter l’anecdote suivante: c’est dans une petite chambre de la Cité de Calvin qu’il a commencé la vie commune avec celle qui deviendrait sa femme.

La métamorphose humaine du politicien Burkhalter a commencé de fait en 2013, lorsqu’il s’est senti à l’aise au Département des affaires étrangères. Ensuite, il s’est révélé au soir d’une énorme défaite, le 9 février, lors de l’acceptation de l’initiative UDC sur l’immigration. Il n’a pas joué les martyrs mais a appelé à l’union sacrée. Cette capacité de rebondir lui sert aujourd’hui pour naviguer dans la tempête ukrainienne en tant que président de l’OSCE. De l’avis général, il impressionne par sa pondération, sa clarté, son entregent et… une élégance peu coutumière en Suisse. Doté d’un pouvoir infime à l’OSCE, à la tête d’une organisation où l’unanimité des décisions est la règle, il arrive jusqu’à présent à manœuvrer habilement la barque.

Cela sera-t-il suffisant? A voir. Un politicien n’est pas jugé sur son panache mais sur ses résultats. Il suffit qu’à l’étranger le conflit ukrainien mette le pays à feu et à sang ou qu’en Suisse le dossier européen finisse dans le fossé pour que le sortilège cesse. Et alors le prince charmant redeviendra souris grise.

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