25/07/2014

La Suisse au pied du mur de l’Europe

La libre circulation des personnes, c’est sacré pour l’UE. Celle-ci a donc envoyé paître la Suisse, qui lui avait demandé en juin de renégocier cet accord. Un non sec et rapide adressé directement au président de la Confédération. Histoire de bien montrer que la question n’est pas technique mais politique.


La Suisse est désormais au pied du mur. Une impasse sérieuse mais pas dramatique. Elle constitue même une chance de clarification de nos relations avec l’UE. Car il y a encore trop de cadavres dans le placard. Le plus célèbre? La demande d’adhésion de la Suisse à l’UE, qui gèle dans le frigo du Conseil fédéral depuis plus de vingt ans. Il faudra bien un jour ou l’autre qu’on la retire pour la soumettre à Bruxelles ou la mettre à la poubelle.

En attendant, ce sont les bilatérales qui occupent le centre du jeu. Elles sont mises en danger par le succès de l’initiative «Contre l’immigration de masse» et le non de Bruxelles à une renégociation de la libre circulation des personnes. Faut-il que le peuple tranche le nœud gordien? L’UDC s’y refuse en disant qu’on a déjà voté sur la question le 9 février et que les Suisses ont mis la régulation de l’immigration au-dessus de la sauvegarde des bilatérales I. Les autres partis répondent que l’UDC a minimisé cet enjeu pendant la campagne.

L’essentiel n’est pas là. Le dossier européen et nos futures relations avec l’UE sont suffisamment importants pour qu’on puisse organiser un vote qui donne le cap pour la prochaine décennie. Il n’y a pas 46 chemins mais deux principaux. Le premier poursuit la voie bilatérale, chère à Didier Burkhalter, qui préconise une intégration plus grande à l’UE en se gardant de toute adhésion. La seconde voie, chère à Christoph Blocher, milite pour un éloignement de l’UE tout en se gardant de couper les ponts. Chaque camp fera valoir ses arguments politiques et économiques. Et le peuple tranchera. 

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