24/05/2014

Le quitte ou double de Burkhalter sur l'Union européenne

Quitte ou double. C’est un peu le pari que fait Didier Burkhalter, le chef des Affaires étrangères, sur le dossier européen suite au succès de l’initiative «Contre l’immigration de masse».


 

Le chef de la diplomatie aurait pu tenter de trouver un compromis avec Bruxelles où la Suisse obtient la possibilité de réintroduire des contingents en échange de concessions sur d’autres dossiers bilatéraux. Mais il a choisi d’aller un cran plus loin en incluant un rapprochement institutionnel supplémentaire avec l’UE. Ce dernier permettrait d’ouvrir la voie à de nouveaux accords bilatéraux. L’idée est ensuite de faire revoter la population suisse sur ce gros paquet de négociations. Avec l’enjeu suivant: «Bilatérales, stop ou encore?»

Dans ce poker européen, le problème est de savoir si Burkhalter ne mise pas trop haut. L’UDC se déchaîne déjà et crie au viol de la volonté populaire. Elle demande une application rapide de son initiative et s’oppose farouchement à la solution institutionnelle «sur les juges étrangers». Elle peut compter sur la force de frappe de sa figure tutélaire, Christoph Blocher, qui va consacrer son temps et son argent à cette future bataille européenne. Il est en train de fédérer les organisations hostiles à l’UE.

Quant à Burkhalter, il est persuadé de pouvoir dégager une majorité de soutien aux bilatérales. Le Conseil fédéral n’a pas encore arrêté définitivement sa stratégie. Il n’a pas intérêt à se tromper sur le contenu d’une future votation européenne. Car elle fixera alors la direction pour la prochaine décennie: un rapprochement plus étroit avec l’UE ou un éloignement en maintenant de simples rapports commerciaux.

Ce vote crucial va soulever les passions. Mais ce sont peut-être les chiffres froids sur l’immigration, le taux de chômage et la santé économique de notre pays qui joueront au final un rôle déterminant.

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