20/03/2014

Trop de scandales nuisent à l’Etat

Un verre, ça va. Trois verres, bonjour les dégâts. Ce slogan de prévention routière, on peut parfaitement l’appliquer à l’informatique de la Confédération. Un scandale, ça va, mais les scandales qui se succèdent au fil des mois, cela ne va plus du tout.


Les élus du Conseil national se sont déchaînés hier contre le Conseil fédéral, coupable de ne pas agir avec assez de détermination pour enrayer les pannes, les dérapages, voire la corruption, en matière d’acquisition de systèmes informatiques. Un constat sévère mais justifié.

La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, d’habitude très solide sur ses dossiers, ne s’est pas montrée très convaincante hier. Son argumentation était flottante, et elle s’est raccrochée à la perche tendue par le PS qui impute les dysfonctionnements au manque de moyens dévolus à l’Etat.

Or l’argent n’est pas le problème principal. Il s’agit avant tout d’une question de management. Beaucoup de hauts cadres de l’administration ont été choisis pour leur grande connaissance d’un domaine spécifique. Mais certains maîtrisent mal la conduite du personnel et celle d’un projet d’acquisition complexe. N’étant pas nés avec l’informatique, ils ne comprennent pas (ou ne veulent pas comprendre) les implications qu’un nouveau logiciel amène dans l’organisation quotidienne du travail.

Ce manque de compétence, ajouté à une défense bornée de «son» service ou de «son» office, conduit à des dérapages. Dans le pire des cas, cela permet à la corruption de faire son nid, comme on l’a vu malheureusement dans plusieurs départements.

Pour l’image de l’Etat, ces scandales à répétition sont désastreux. Surtout qu’on ne parle pas de clopinettes mais de centaines de millions de francs gaspillés. Or on ne sent toujours pas une vraie reprise en main du Conseil fédéral. Le National a donc bien fait de lui frotter les oreilles.

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