05/03/2014

Un combat masqué sur les bilatérales

Alors qu’une majorité de Romands sont encore en train de se lamenter sur le vote du 9 février et l’arrêt du programme estudiantin Erasmus, un combat bien plus important se déroule dans les coulisses bernoises.


Il porte sur l’avenir des bilatérales. Ces dernières, sauf surprise, feront l’objet d’un nouveau vote d’ici à trois ans. Et les principaux acteurs poussent déjà discrètement leurs pions pour influencer l’opinion.

Officiellement, tout le monde est pour les bilatérales. Encore faut-il savoir de quoi on parle. Car ce mot passe-partout recouvre des réalités diverses. Il y a bien sûr les accords signés qui comprennent entre autres la libre circulation des personnes. Il y a ceux qui sont en cours de négociation, comme le dossier de l’électricité. Enfin, il y a celui en gestation sur la question institutionnelle avec l’UE.

C’est ce dernier qui est aujourd’hui au centre d’une bataille souterraine. Proposé par le Conseil fédéral, il stipule que la Suisse s’engage à reprendre dynamiquement le droit de l’UE. Pour le gouvernement, c’est la seule façon de donner un nouveau souffle aux bilatérales, qui, sinon, mourront à petit feu. Pour l’UDC en revanche, il s’agit d’une intégration larvée à l’Union européenne. Elle en fait un casus belli.

Or le Conseil fédéral vient de réaffirmer sa volonté de poursuivre ce délicat changement institutionnel. Il pourrait le glisser dans un paquet ficelé avec l’UE, qui comprendrait les nouvelles mesures de limitation de l’immigration et d’autres dossiers. Une sorte de bilatérales III. Le peuple serait alors appelé à se prononcer sur la poursuite ou la mort des bilatérales. Une dramatisation de l’enjeu qui peut s’avérer payante ou… suicidaire. Voilà pourquoi le Conseil fédéral garde encore toutes les options ouvertes. L’UDC, elle, prépare aussi le terrain idéologique. Elle répète que la votation sur l’immigration doit être interprétée comme un vote souverainiste. Cela ne doit rien au hasard.

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Commentaires

Monsieur Grosjean, avez vous plus d'informations sur les autres thèmes en discussion?

Et puis sur cette question, je vous cite " Enfin, il y a celui en gestation sur la question institutionnelle avec l’UE."
Avez vous des éléments sur la position des partis aux deux chambres?

Vous dites aussi:
"Encore faut-il savoir de quoi on parle. Car ce mot passe-partout recouvre des réalités diverses."
Nos dirigeants nous mettront-ils au courant de ces réalités, des contenus et quand?

Ce que je crains c'est le marchandage à propos de la libre circulation sur le dos de nos institutions.

Encore une fois va-t-on nous vendre un paquet ficelé? Vous semblez le deviner.
aura-t-on le droit de se prononcer sur le oui ou non des bilatérales.
Ensuite le droit de dire quelle forme de bilatérales on veut.

Écrit par : Beatrix | 06/03/2014

A propos d'une intégration larvée de la Suisse à l'UE,l'UDC voit juste car, il y a eux ou trois ans, une conseillére fédérale répondant en cours d'interview sur l'intégration de la Suisse à l'UE affirmait que les Suisses, par votation, refuserait cette intégration, qui, par le fait d'un tel refus se ferait quand-même mais de façon "biaisée" sans faire voter le peuple (ce qui montre aussi, en passant, la mentalité de l'un ou l'autre de nos élus...)! La libre circulation des personnes est une chose, le contrôle des migrations, ne autre, indispensable. Sinon, les migrations croissants, quel chaos!! véritable "tour de Babel", symbole biblique de confusion.

Écrit par : Alix | 25/03/2014

Aura-t-on droit au scélérat APT (TTIP)transposé fidèlement dans les futures Bilatérales III?
Su l'UE le ratifie, on aura du mal à croire qu'on pourra l'en échapper.

Et si cela devra être le cas, l'aliénation du pays est garantie: Adieu sécurité, adieu souveraineté!

http://www.politis.fr/TTIP-Les-degats-de-l-arbitrage,26131.html

"Un rapport de l’Observatoire de l’Europe industrielle et du Transnational Institute révèle les dommages causés par la procédure d’arbitrage privée entre investisseurs et Etats, souhaitée par les États-Unis et l’Union européenne dans le cadre de la négociation pour un grand marché transatlantique."

Écrit par : Beatrix | 26/03/2014

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