02/09/2013

La Suisse «ringarde» devient à la mode

Va-t-on bientôt se mettre tous au jodle et à la lutte à la culotte? On pourrait le croire quand on voit la couverture de la Fête fédérale de lutte suisse par les médias alémaniques. Suppléments spéciaux, comptes rendus en direct à la télé et sur internet, l’événement de ce week-end a vampirisé l’actualité.


Plus suisse que suisse, tu meurs. Voici exaltés les héros en culotte de jute dont l’abnégation et le courage le disputent au fair-play et à l’humilité. Par un spectaculaire retournement du destin, une fête jugée désespérément ringarde devient tout à coup un phénomène de mode.

Les entreprises, l’internationale UBS en tête, se battent pour devenir sponsors de la fête. Les millions pleuvent et les VIP accourent pour se mélanger au bon peuple aux bras noueux. Le président de la Confédération, Ueli Maurer, passe à Berthoud la dernière couche en vantant l’importance des racines et des valeurs. Avant que les 50 000 spectateurs présents dans l’arène de la fête se lèvent au son du Cantique suisse .

Tout cela est-il bien raisonnable? Pas vraiment. On passe d’un excès à l’autre. Il est parfaitement stupide de dénigrer la Fête fédérale en la dépeignant comme une relique du passé célébrée par des crétins des Alpes incapables d’évoluer dans le monde moderne. Et on se demande toujours pourquoi certains «urbains» s’intéressent plus aux Papous de Papouasie qu’à leurs voisins et concitoyens de Suisse centrale.

Mais il est tout aussi embarrassant de tomber dans l’excès inverse. La Fête fédérale est un événement populaire mais elle n’a pas à être mise pareillement sur un piédestal, à être utilisée comme le mythe du Paradis perdu. Elle véhicule des valeurs d’une Suisse conservatrice, parfaitement respectable, mais qui ne représente qu’une partie du pays. Et de cette diversité territoriale, culturelle et linguistique naît la richesse de notre pays.

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