12/03/2013

Un Conseil des Etats délicieusement ringard

Délicieusement ringard. Voilà comment le Conseil des Etats est apparu jeudi 7 mars 2013. Il a consenti du bout des lèvres à passer au vote électronique mais a bloqué la publication complète des votes. Au nom de la tradition, de l’indépendance des élus et de la singularité de la Chambre sénatoriale. Des mots ronflants qui ont été soudain couverts par le rire de l’assemblée.


Au moment du vote, en effet, les génies de la Confédération ont eu toutes les peines du monde à comptabiliser une quarantaine de voix. Rouge de colère, le président Lombardi a dû faire revoter deux fois.

Cette joyeuse pantalonnade montre bien que l’introduction du vote électronique était une nécessité. Les sénateurs se sont malheureusement arrêtés à mi-chemin puisqu’ils ont refusé la transparence complète des votes. En clair, dans un débat comme l’asile, on saura qui a voté pour ou contre la révision de la loi. Mais on ne saura pas si un élu a accepté l’aide d’urgence ou refusé le dépôt d’une demande d’asile pour cause de désertion. C’est idiot. Pour le public et pour l’élu lui-même. On peut déjà parier que d’ici quelques années les Etats feront toute la lumière, comme le Conseil national.

Le pompon dans ce débat a été décroché par les Verts avec un Robert Cramer, un brin réactionnaire, sacralisant les us et coutumes des Etats. Il défend aussi la curieuse opinion que la transparence va donner le pouvoir aux partis de domestiquer les sénateurs «dissidents». Balivernes. Rappelons que la révolution du vote électronique aux Etats est due à Thys Jenny, un sénateur UDC. Ce dernier n’a pas son pareil pour flinguer son parti quand quelque chose ne lui plaît pas. Et il n’est pas prêt à s’arrêter après ce vote historique.

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Commentaires

On sait que Cramer aime bien lever le coude mais de là à ce qu’il tient à lever la main, les bras m’en tombent.
Notre conseiller aux États ne doit plus être très vert pour qu’il tienne à conserver une landsgemeinde à huis clos.

Écrit par : Benoît Marquis | 12/03/2013

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