22/10/2012

L'erreur de trop du chef des espions suisses

C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Alors que le Service de renseignement de la Confédération (SRC) est plongé dans la tourmente suite à un vol massif de données sensibles, son chef, Markus Seiler, brigue tranquillement un poste à l’exécutif de la commune bernoise de Spiez.


Un engagement citoyen qui relève de sa liberté personnelle? Non, une faute incompréhensible. Au cas où l’intéressé ne l’aurait pas remarqué, il ne travaille pas comme gratte-papier à Bümpliz-Nord, mais il occupe un des postes stratégiques à la Confédération. C’est l’œil et l’oreille du Conseil fédéral pour détecter préventivement toutes les menaces internes ou externes dirigées contre notre pays.

C’est le genre de job à 150% qui demande un engagement et une responsabilité énormes. On comprend mal dès lors pourquoi Seiler s’expose politiquement en briguant un poste de second rang dans sa commune de domicile. Est-ce pour tirer la liste de ses camarades de parti? Ou essaie-t-il de se ménager une porte de sortie si les choses tournent mal au SRC?

Quoi qu’il en soit, le signal est désastreux. Il vient s’ajouter aux lourds reproches de la Délégation parlementaire, qui l’accuse d’avoir failli sur la gestion des risques et temporisé sur les mesures urgentes à prendre suite au vol des données.

Dans ces conditions, il serait étonnant que Seiler soit reconduit à son poste par le Conseil fédéral. Mais ce dernier devrait pousser la réflexion plus loin. Car le chef du SRC est défendu aveuglément par Ueli Maurer, chef du Département de la sécurité. Celui-ci ne voit aucun problème à ce que le chef du Renseignement s’engage dans des campagnes politiques. Or, c’est hautement problématique. Et on s’étonne que le conseiller fédéral UDC, qui vénère le mot «neutralité» en parlant de la Suisse, ne l’applique pas à des postes aussi sensibles que celui de chef du Renseignement suisse. 

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Commentaires

Bien vu. Bien dit. Merci pour ces infos et cette ananlyse approfondie d'une situation si scandaleuse. Il reste à savoir pourquoi le mononeurone du CF le soutient pareillement et qu'il ne voit aucun inconvénient à ce que le chef du SRC brigue un poste électif. Incroyable toute cette histoire (et celles qui demenurent encore cachées)!

Écrit par : veritas | 28/10/2012

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