11/09/2012

Naufrage politique à Berne: zéro mort

Le Titanic de la réforme gouvernementale a coulé à pic hier au Conseil national. Pas d’iceberg en vue mais des matelots parlementaires qui ont sabordé le paquebot en toute connaissance de cause après avoir vainement essayé pendant dix ans de le rafistoler.


 

 

La présidence de la Confédération portée à deux ans? Touchée, coulée. Un Conseil fédéral qui passe de sept à neuf membres? Le Conseil national l’a torpillé sans beaucoup d’états d’âme.

Ce naufrage n’est en tout cas pas un drame national. On dénombre zéro mort. Il y a cependant quelques blessés, surtout d’amour-propre. Les élus qui adorent gloser sur la bonne gouvernance en sont bien marris. Comment la Suisse peut-elle encore fonctionner sur un modèle collégial du XIXe siècle? Quelle horreur! Ce n’est pas ainsi que l’on affronte les crises, bancaires ou autres. Il faut un président, un vrai.

On répondra qu’il n’est pas nécessaire de réinventer la roue pour se donner un gouvernail. Et la personnalisation du pouvoir n’amène pas de facto félicité et prospérité. Sinon, comment expliquer que la France, où le président de la République détient des pouvoirs énormes, voie son chômage s’aggraver, sa dette exploser et ses tensions sociales s’exacerber?

La Suisse, avec son gouvernement collégial, qui apparaît ringard aux yeux de certains, a des finances publiques saines, un chômage bas et une cohésion sociale très grande en regard de l’extrême diversité de sa population. Il n’y a donc pas le feu au lac.

Que le Conseil fédéral ait besoin de mieux se coordonner, de pouvoir compter sur des fonctionnaires mobiles et aguerris pour affronter les turbulences toujours plus nombreuses, c’est une évidence. Cela ne nécessite pas de grands changements institutionnels ni de gadgets politiques comme l’était une présidence de la Confédération allongée.

 

 

11:45 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.