23/08/2012

Initiative Weber: entre flou juridique et malaise politique

Le Conseil fédéral a tranché. Les régions alpines jubilent parce que le corset de l’initiative sur les résidences secondaires a été largement desserré hier. Une décision attendue mais qui laisse un sentiment de flou et de malaise.


Pourquoi? Parce que rien n’est vraiment réglé au niveau juridique, et que l’on s’assoit un peu trop facilement, à Berne, sur la volonté exprimée par le peuple. Nous n’emboucherons pas ici les trompettes de ceux qui voient dans la décision du Conseil fédéral une victoire des bétonneurs des Alpes. L’initiative posait quelques problèmes réels d’application, notamment dans les cas de changement d’affectation du bâti. Il y a été répondu.

Le problème, c’est que le balancier s’est déplacé très fortement du côté des perdants du 11 mars, qui hurlaient à la mort économique. L’ordonnance prévoit beaucoup d’exceptions à la limitation des résidences et compte sur les cantons et communes pour empêcher les abus. A voir comment le Valais défend bec et ongles son droit de construire à sa guise, il est permis de douter qu’il fasse un excellent gendarme des constructions.

L’autre élément dérangeant, c’est le sort que l’on réserve à Berne aux initiatives populaires victorieuses. A l’instar de celle de l’UDC sur le renvoi des criminels étrangers, elles sont de moins en moins appliquées quand elles se heurtent à une majorité politique hostile. Sur la limitation des résidences secondaires, Doris Leuthard a mis hier en balance les intérêts des régions et le respect de la volonté populaire du 11 mars. Comme si les deux choses étaient équivalentes. Il nous semblait pourtant que le peuple était censé avoir le dernier mot. Apparemment non, et la loi d’application d’une initiative permet donc de vider plus ou moins de sa substance un texte accepté par une majorité de Suisses.

Rabotée au Conseil fédéral, l’initiative Weber risque donc encore les coups de canif du parlement en 2014.

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Commentaires

Pourquoi ne pas laisser les cantons prendre leurs décisions eux-mêmes.Cela semblerait beaucoup plus logique.Les cantons sont souverains il leur appartient de décider par eux-même ce qui leur revient de droit.C'est ce qui faisait la force des anciens ,moins ils avaient affaire à la Berne Fédérale mieux leur monde tournait bien.ah oui j'oublie ,les anciens ne demandaient pas le maternage à l'année

Écrit par : lovsmeralda | 24/08/2012

Il est peut-être bon de vous rappeler 3 choses.
1) La volonté populaire n'était pas franche et nette. Et beaucoup de gens ont paraît-il avoué plus tard qu'ils n'avaient pas compris.
2) L'initiant, Monsieur Weber, possède plusieurs résidences de luxe. Vous ne me ferez donc pas croire qu'il est résident dans chacune de ces communes.
3) L'exemple phare donné pendant la campagne était Verbier, avec une photo dans les années 50 et une autre actuelle. Il est évident que devant un tel désastre toute personne peu concernée par le problème aura voté OUI.

Les résultats de ces votations ne sont donc pas probants et sont plutôt la conséquence d'une campagne tendancieuse.

Par contre il est évident que les cantons et communes doivent être plus stricts dans leurs attributions de permis de construire. Construire OUI mais pas n'importe quoi et n'importe où. Le Valais a trop accepté des bâtiments ubuesques de laideur sans aucun rapport avec la culture, le style et l'environnement locaux.

Écrit par : Lambert | 25/08/2012

Contruire avec des règles strictes, oui, avec notamment une réflexion pour la préservation de l'esthétique d'une région. Mais ce n'est ni ce que fait la loi Weber, ni ce qu'amène la révision de la LAT. Toutes deux sont drastiques sans amener de solution réelle, et par conséquent sont inutiles. Le peuple mérite mieux que ces monstres.

Écrit par : Julien | 30/01/2013

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