08/01/2012

Un Conseil fédéral de subventionnés (ou de losers)

Le nouveau Conseil fédéral vient d’entrer en fonction au 1er janvier. Représente-t-il vraiment au mieux le pays ? On peut en douter. On ne parle pas ici de la sous-représentation de l’UDC ou des Verts, ni de l’absence d’un représentant de la région lémanique où habite plus d’un million de personnes. Non, ce qui frappe c’est que nous avons un Conseil fédéral de… subventionnés.


Ou plus exactement un Conseil fédéral représentant des cantons économiquement faibles qui dépendent année après année de la générosité des autres pour boucler leur budget.

Exemple spectaculaire : Berne. Ce canton avec ses deux représentants (Simonetta Sommaruga et Johann Schneider-Ammann) recevra en 2012 plus d’un milliard du fonds de péréquation selon les derniers chiffres fournis par le Département fédéral des finances. C’est le record de Suisse. Mais les autres membres du Gouvernement  ne redressent pas la barre. Le nouveau venu Alain Berset vient  de Fribourg, un canton sous perfusion de 469 millions. Eveline Widmer-Schlumpf représente les Grisons qui reçoivent 273 millions. Doris Leuthard vient d’Argovie, un canton subventionné à hauteur de 190 millions et Didier Burkhalter arbore les couleurs de Neuchâtel qui perçoit 156 millions.

Ueli Maurer est le seul membre du Gouvernement qui vient d’un canton contributeur (Zurich) versant une somme de 427 millions au pot commun. Mais il n’incarne pas vraiment le dynamisme de la cité de Zwingli puisqu’il habite la campagne et personnifie avant tout le lobby paysan, qui écrème chaque année des milliards à la Confédération.

Est-il sain que le Conseil fédéral soit composé quasi exclusivement de personnes issues de cantons économiquement faibles ? Est-il raisonnable que des cantons dynamiques et riches comme Geneve, Bâle-Ville, Schwyz, Zoug ou Vaud soient écartés du pouvoir suprême ? Nous ne le pensons pas. Il n’est pas question ici de fustiger des cantons en difficultés financières, parfois en raison de leur incompétence mais souvent en raison de leur étendue géographique et de la nature de leur tissu économique. Il s’agit simplement de rétablir un certain équilibre car les cantons forts ont une expérience riche à partager pour faire avancer la Suisse.

Or curieusement, ce débat est complètement absent à Berne. Lors de la dernière élection au Conseil fédéral, le Vaudois Pierre-Yves Maillard n’a eu aucune chance face au Fribourgeois Alain Berset. Quand il s’est agi de remplacer au pied levé Bruno Zuppiger, l’UDC est allé chercher pour des raisons de notoriété Hansjörg Walter au lieu de Heinz Tännler. Le premier représente pourtant le  canton de Thurgovie largement subventionné (214 millions) alors que le second est conseiller d’Etat de Zoug, un canton qui fait cadeau aux autres de 262 millions.

Par tête d’habitant, Zoug est de loin le canton suisse le plus généreux avec les autres cantons. Il aurait été stimulant pour le Conseil fédéral d’avoir un membre qui connaisse de près les recettes du « miracle » zougois. A savoir un élu qui sait comment prendre des initiatives en matière fiscale pour rendre attractif un territoire mais aussi qui a vécu  de près les conséquences négatives d’un tel boom avec le fort renchérissement des prix du logement.

Bien sûr,  on élit au Conseil fédéral un candidat pour ses qualités propres et son parcours politique. Mais on tient aussi compte de son sexe, de son parcours professionnel ou de son canton de domicile. Peut-on à l’avenir y rajouter le critère du dynamisme cantonal ? Brutalement dit, il n’est pas réjouissant que le Conseil fédéral actuel se compose quasi exclusivement de représentants de cantons losers.

22:06 Publié dans politique suisse | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Commentaires

Il faudrait surtout légiférer en matière d'impôts pour aller vers une harmonisation entre les cantons. De toute façon, on va y être "vivement encouragé" par l'UE très bientôt. Il y a bien certaines personnes qui pensent qu'on peut tout refuser à l'UE, mais là, on touche au nerf de la guerre.

En plus, de quoi s'agit-il ? D'empêcher le tourisme fiscal, qui déstabilise les finances publiques, qui crée la sous-enchère fiscale, qui crée les dettes publiques. A moins de vouloir protéger les 1% les plus riches ? Est-ce qu'ils n'ont pas déjà assez d'argent ?

Écrit par : Fufus | 09/01/2012

La question de la représentation des cantons au conseil fédéral relève d'un esprit de clocher typiquement suisse. A l'heure de la globalisation, et des enjeux planétaire, ce critère est sans doute le moins pertinent à considérer pour ce genre d'élection.

Il faudrait des gens compétents, qui ont séjourné en defors du pays, qui ont voyagé et se sont ouverts au monde qui les entoure. Pays des paysans "écrémeurs", ni des avocats ternes et sans relief.

Écrit par : Déblogueur | 09/01/2012

@deblogueur
il faut toujours que régulièrement dans ce genre de commentaires viennent celui du pontifiant avec ses sentences bateaux et éculées
blabla globalisation blabla enjeux planétaires blabla séjournés hors du pays
c'est hors propos d'ailleurs ont le voit bien ceux qui ont voyagés et été formés hors du pays quelle réussite !! ospel-vasella-hiltbrand-grubel etc
alors merci bien

Écrit par : pralong | 09/01/2012

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