30/10/2011

Conseil fédéral: sacrifions Widmer-Schlumpf ou Schneider-Amman

Les élections fédérales ont rendu leur verdict. Affaiblissement des grands partis et émiettement du centre droit, tels sont les deux enseignements majeurs du dimanche 23 octobre. Ceux qui espéraient pouvoir dessiner le Conseil fédéral suite à ce scrutin en sont pour leur frais. Aucune solution « naturelle » ne s’impose. Du coup, on assiste à un jeu de poker menteur. Plusieurs grands partis ne dévoilent pas leurs cartes et disent, à l’instar des socialistes, tout et son contraire.  Le président PS Christian Levrat déclare ainsi dans le même souffle qu’il est pour…et contre un deuxième siège UDC au Conseil fédéral selon les circonstances.


Certes, tout le monde attend les résultats du 2e tour du Conseil des Etats pour avoir une vision précise de la composition de l’Assemblée fédérale. C’est en effet ses 246 membres qui choisiront in fine les sept Sages le 14 décembre. Il y a cependant une règle évidente qui devrait s’imposer à tous : la force électorale des partis détermine la composition du Conseil fédéral. Cette juste répartition garantit la stabilité politique à long terme. Elle est pourtant de plus en plus contestée par ceux qui  défendent une « concordance de contenus », voire une « coalition de la raison », à savoir sans l’UDC. Cette dernière formule ne m’a jamais convaincue tant elle est arbitraire. Je me souviens qu’à la fin des années 90 les partisans de  « la coalition de la raison » arguaient bruyamment qu’un candidat au Conseil fédéral ne pouvait pas être contre l’entrée de la Suisse dans l’Union européenne. On constate désormais l’inanité de cette exigence.

Si on est attaché à la concordance dite arithmétique, l’UDC et le PS doivent avoir deux sièges au Gouvernement vu qu’ils se détachent nettement des autres partis.  Pour la suite, cela se discute. Le PLR peut à bon droit revendiquer  deux sièges en tant que 3e force électorale au Conseil national. Ce parti relève avec pertinence que le PBD, tout vainqueur qu’il soit, ne pèse que 5,4% des voix et n’a donc droit à aucun conseiller fédéral. Exit donc Eveline Widmer-Schlumpf.

Cette position du PLR, défendue aussi par l’UDC, présente une grosse faiblesse. L’écart entre le PLR et le PDC en nombre de sièges à l’Assemblée fédérale est quasiment nul.  On en aura la confirmation à la fin novembre. De plus,  le PDC a tissé des alliances avec les forces montantes du PBD et des Verts libéraux.  Si cette coalition s’exprime clairement, ce qui n’est pas encore le cas, pour un maintien d’Eveline Widmer-Schlumpf, elle peut rationnellement et légitimement réclamer le départ d’un des deux conseillers fédéraux PLR. Exit donc Johann Schneider-Amman comme le propose déjà Martin Bäumle, le président des Verts libéraux.

On m’objectera que cette froide logique arithmétique fait peu de cas des conseillers fédéraux sortants  et transforme le Parlement en machine d’enregistrement des élections fédérales. Pas vraiment. Le Parlement, comme on l’a vu, conserve une marge de manœuvre politique et surtout, il doit sélectionner  les meilleures personnalités pour l’Exécutif. On regrettera d’ailleurs qu’il n’a pas toujours eu la main heureuse ces dernières années.  L’élection de Johann Schneider-Amman en lieu et place de Karin Keller-Sutter en est l’illustration.

Quant aux conseillers fédéraux en place, ils doivent intégrer qu’ils  ne sont plus intouchables. Et vivre avec la perspective d’une non réélection… comme n'importe quel autre élu. Dans le système politique suisse, d’une stabilité étonnante, il n'y a pas d'homme ou de femme providentiel. Comme dit le dicton: « Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables ».

09:39 Publié dans politique suisse | Lien permanent | Commentaires (10) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonjour


Est ce que Dylan Karlen a été élu à l'UDC dimanche 23 ?


Merci de la réponse.

Écrit par : Noemie | 30/10/2011

Il n'y a qu'un seul PLR qui doit être éjecter du Conseil fédéral : Didier Burkhalter l'ennemi no.1 des rentiers AS, AI, bigleux, aveugles, des enfants porteurs de lunettes et des personnes âgées nécessitant des couches.

Du balai Burkhalter !

http://jolivet-f.blogspot.com/

Écrit par : Jolivet F.H. | 30/10/2011

Schneider Amman,doit partir,il n'est pas à sa place au Conseil Fédéral.

Écrit par : Chauffat Albert | 30/10/2011

Tous les sièges seront combattus.
Doris Leuthard mérite de quitter le Conseil Fédéral suite à l'article paru aujourd'hui dans Le Matin Dimanche, concernant l'importation directe des voitures et la taxe CO2.

Écrit par : Victor Winteregg | 30/10/2011

Ne voulant pas faire ici un calcul arithmétique, je privilégie donc la valeur des personnes supposées proposées au CF. Oui je sais, je suis un grand naïf.

Le touriste Schneider-Amman devrait être remplacé au plus vite. Sait-il seulement ce qu’il fait à ce poste ?

Le gominé Burkhalter devrait être muté au DFAE. Un maître d’hôtel sachant faire des ronds de jambes diplomatiques a les compétences suffisantes pour organiser les mondanités au DFAE. Burkhalter a ces compétences et en plus il est très discret.

Le poste qu’occupe actuellement Burkhalter devrait être pris avantageusement par Pierre-Yves Maillard. Lui au moins connaît les dossiers afférents à ce département et c’est un négociateur très efficace. Du sang neuf, bon sang !

Eveline Widmer-Schlumpf a jusqu’ici fait un assez bon travail, alors pourquoi vouloir la débarquer, Monsieur Grosjean ?

Écrit par : Benoît Marquis | 30/10/2011

Widmer-Schlumpf a trahi son propre parti pour être élue par les membres des autres partis.
L'heure de la sentence a sonné.
Tous ceux qui la soutienne sont des traitres en puissance d'où qu'ils viennent.
Comment voulez-vous apprendre aux jeunes à être loyaux quand on ne l'exige même pas de la part des plus hautes instances du pays.
La loyauté serait-t-elle devenue une non-valeur dans ce pays ? L'arrivisme justifierait tous les stratagèmes ?
Si elle est réélue ma confiance en la politique sera encore un peu plus diminuée.

Écrit par : L' Amer Royaume | 30/10/2011

@L' Amer Royaume
"Si elle est réélue ma confiance en la politique sera encore un peu plus diminuée."
Tant mieux, ça vous évitera d'écrire des imbécilités de caliméro. Amenez des argument au lieu de pleurer dans votre coin et de traiter tout le monde de traître.

Écrit par : Tkt | 30/10/2011

L'argument mathématique des PLR est nul et date d'une époque avec 4 grands partis, époque révolue.
Actuellement nous avons 3 blocs : gauche et centre, 30% chacun et droite 40%.
Les bonnes math font 2 CF à G et au Centre et 3 à dte.
Comment les PLR (qui soi-dit en passant scient gentiment leur branche..) peuvent-ils demander 2 CF ??
Donc 2 PS, 1 PDC, 1 PBD, 1 PLR et 2 UDC.
Avec les nuls en math (PLR), 40% auraient 4 CF et 60% auraient 3 CF.
Si ce parti ne réagit pas vraiment, la disparition du PLR est programmée.

Écrit par : FRI | 30/10/2011

@ Tkt :
Si elle avait annoncé à son parti d'alors, l'UDC qu'elle était candidate au conseil fédéral j'aurais respecté son choix.
Mais elle au contraire accepté de se faire élire par les socialistes et le pdc qui avaient comploté avec elle pour que le 2è candidat choisi par l'UDC ne puisse être élu.
Elle a fait passé son ambition avant sa loyauté.
Dans une équipe on doit pouvoir faire confiance à tout le monde, mais peut être n'avez vous jamais fait partie d'une vraie équipe ?

Écrit par : L' Amer Royaume | 30/10/2011

@L'Amer Royaume,

... en fait, la démocratie vous emmerde ?

Écrit par : Galileo | 09/11/2011

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