21/04/2011

Pourquoi le PLR devra un jour s'allier au MCG

Depuis dimanche soir, les assiettes volent au Parti libéral-radical (PLR). L’objet du règlement de comptes? La lourde défaite électorale de l’Entente et la bérézina (annoncée) à la Mairie de Genève. Le radical Pierre Maudet, qui a curieusement eu très peur pour sa réélection, décompresse et se soulage sur ses frères libéraux. Il les accuse d’opportunisme pour avoir osé sceller «un pacs infécond» avec l’UDC. Piqués au vif, les libéraux lui répondent qu’il devrait arrêter de s’occuper de son nombril et qu’une alliance avec l’UDC est incontournable si l’Entente veut autre chose qu’un strapontin à l’Exécutif de la Ville.


Tout cela est fort divertissant mais à côté de la plaque. L’Entente a une guerre de retard. Car la question qui se pose aujourd’hui est de savoir si elle va faire alliance avec le… MCG. J’entends déjà les hurlements, unis cette fois, des radicaux et des libéraux. «Comment? Faire alliance avec ce parti de fachos, qui prône la haine du frontalier, jamais!» Cela rappelle bien sûr ce que disait l’Entente sur l’UDC il y a dix ans en brandissant ses «valeurs» en bandoulière. Aujourd’hui, nécessité faisant loi, le PLR semble plus ouvert à frayer «avec le diable».

Le problème, c’est que l’UDC genevoise est devenue entre-temps un diablotin. Elle stagne (et cela va durer) à l’ombre du grand méchant loup populiste MCG qui dévore tout sur son passage. Comme l’UDC tessinoise végète sous le contrôle de la Lega. Si le PLR entend vraiment renverser un jour la gauche dans les grandes villes du canton, il n’a pas le choix. Il devra passer une alliance avec le MCG.

Une alliance impossible, surréaliste, contre nature? C’est exactement ce qui a été dit à Vernier où une coalition gauche-libéraux et un trio MCG-UDC-radicaux se sont affrontés pour la première fois. Or, qu’a-t-on vu? Que ces alliances opportunistes ont fonctionné à merveille, d’un côté comme de l’autre. Les électeurs ont suivi et voté compact comme jamais.

Le temps des alliances non conventionnelles s’est donc ouvert. Il n’est plus absolument nécessaire d’avoir une idéologie commune entre partis. On peut se contenter d’un but de conquête ponctuel. Pour la gauche à Vernier, il s’agissait avant tout d’éjecter Cerutti. Pour le MCG, il fallait maintenir son siège, voire renverser la gauche.

Pour les puristes de la politique, cette évolution est une horreur. Mais le mouvement est déjà enclenché au niveau des campagnes. Fini les programmes, place à deux ou trois idées-chocs pour séduire les électeurs. Pourquoi en irait-il autrement à terme pour les alliances interpartis?

10:17 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

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