06/05/2011

Informatique de l'Etat: que fait Mark Muller?

Le conseiller d’Etat Mark Muller maîtrise-t-il son Département des constructions et technologies de l’information (DCTI)? C’est la question brutale qu’on peut se poser après la lecture du nouveau rapport de la Cour des comptes sur l’informatique de l’Etat.


Ce rapport est en effet accablant. Sur 70 pages, il détaille les manquements du programme de l’administration en ligne. En voici les éléments essentiels: mauvaise planification de certaines prestations en ligne; besoins de la population insuffisamment pris en compte; retard de sept projets sur dix; doublons informatiques pour un formulaire semblable; responsabilités floues du comité de pilotage; communication et marketing déficients autour de l’administration en ligne; faiblesses «majeures» au niveau du choix des mandataires externes et de la définition de leur mission. On s’arrête là.

On pourrait hausser les épaules et adopter la technique des responsables au DCTI, qui relativisent les critiques, parlent d’un processus en cours toujours susceptible d’être amélioré ou encore soulignent la résistance de l’administration à changer ses pratiques. On se doit aussi de relever que certaines prestations, comme la déclaration fiscale électronique, sont assez réussies malgré quelques bugs ici et là. Et puis, on sait que l’Etat n’a pas la partie facile pour retenir les caïds de l’informatique attirés par les sirènes (et le chéquier) des banques.

Tout cela ne suffit cependant pas à absoudre le DCTI. Ce qui énerve véritablement à la lecture du rapport de la Cour des comptes, c’est le côté «déjà vu» des critiques. Les responsabilités sont noyées, le timing n’est pas tenu, la gestion des mandats externes présente de graves manquements. On ne comprend pas comment le conseiller d’Etat Mark Muller puisse tolérer de pareils ratés à répétition dans son département. C’est une nouvelle grosse pierre dans son jardin après celle sur sa gestion laxiste des biens immobiliers de l’Etat. Sachant que le magistrat est aussi de plus en plus critiqué pour sa lenteur à construire des logements, il peut s’attendre à une réélection difficile s’il ne met pas les bouchées doubles d’ici deux ans.

Pour en revenir à l’informatique, quelles sont les priorités du Conseil d’Etat? On a l’impression qu’il valorise beaucoup son projet pilote de vote par Internet. Intéressant certes. Mais on attend plutôt un véritable guichet Internet pour offrir un maximum de prestations facilitées au citoyen.

10:24 Publié dans Genève | Tags : genève, informatique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Commentaires

Votre point de vue final est à prendre à considération. Vou avez raison

Écrit par : batterie portable | 03/11/2011

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