08/04/2011

Protection des données: le monstre Google prend une claque méritée

Grain de sable dans la fantastique machine orwellienne de Google. Hans-Peter Thür, le petit préposé suisse à la protection des données, vient de remporter une victoire d’étape contre le géant américain. Le Tribunal administratif fédéral a décidé que le service Google Street View violait la loi. Il a demandé notamment que les visages des gens et les numéros de plaques d’immatriculation ainsi que les espaces privés soient systématiquement floutés sur les images prises en Suisse.


Certains se sont émus que l’on mette des bâtons dans les roues d’une entreprise aussi innovante et qui offre gratuitement ses services sur le net pour le bien de tous. Ils arguent que la notion de sphère privée est moins étendue qu’avant et que l’on peut toujours demander à faire retirer certaines images litigieuses.

Les avis peuvent diverger sur la notion du degré de protection des données. Mais une chose est sûre. Ce jugement est une bonne chose car il donne une claque méritée à Google. Cette multinationale, qui prône la transparence pour les autres, est une des plus secrètes dans son fonctionnement. Elle n’autorise la presse dans ses bureaux que pour des opérations de communication gadget où elle montre ses employés sur des toboggans ou au milieu des plantes vertes. La «cool» attitude de Google s’arrête très vite dès que l’on parle business. Les bibliothèques en savent quelque chose, elles qui ont dû négocier âprement les conditions de la digitalisation de leurs collections. Google se refuse aussi obstinément à donner les critères exacts qui déterminent le classement des pages de son moteur de recherche. Il n’assume pas non plus les conséquences de son outil de recherche en matière de droit à l’oubli.

Le rouleau compresseur californien se fiche enfin royalement de sa responsabilité publique et n’a pas l’habitude de s’embarrasser des particularités locales. Dans le procès qui l’opposait à l’Etat suisse, il plaidait l’irrecevabilité de la plainte car selon lui l’affaire devait être jugée… aux Etats-Unis. Le Tribunal administratif fédéral lui a heureusement donné tort.

Comment réagit Google à cette claque? Comme un monstre froid. Il se cache en refusant toute information directe et essaie de tirer les ficelles en coulisses. Comme le révélait le «Tages-Anzeiger», une agence de communication fournit aux journalistes une liste de politiciens «amis» à interroger. Brave new world…

09:00 | Tags : google, privé | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Commentaires

Mais de constater que Christian Constantin (le Matin 8-4-2011) se gare absolument n'importe comment sur les trottoirs lausannois, avec sa Maserati noir, est intéressant non?

Surtout qu'il ne doit même pas avoir très peur d'être amendé le bougre, puisqu'il bénéficie d'un régime particulier, celui qu'on réserve aux types de son espèce!

La Maserati noir ne va pas lui donner plus de classe pour autant de toute façon, au p'ti m'sieur!

C'est fou mais les cheveux teints ça durcit vraiment les traits après 50 ans!

Écrit par : dominiquedegoumois | 09/04/2011

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