28/01/2011

Grisélidis Réal, Dieudonné et la morale bien-pensante

Grisélidis Réal n’a pas encore mérité le repos éternel au cimetière des Rois de Plainpalais. La pauvre fille (de joie) a déjà dû se battre pour y entrer car sa présence faisait un peu désordre au milieu des notables de la République. Même certaines féministes la trouvaient saumâtre. Elles n’arrivaient pas à avaler le fait que la conquête des tombes mâles par des tombes femelles passe par la sanctification d’une femme dévolue aux plaisirs tarifés masculins. Le Gouvernement de la Ville de Genève a finalement tranché en faveur de la courtisane.


Le trou étant creusé, la dépouille déposée, restait à orner la tombe de Grisélidis. Et là, nouvelle polémique. A la stupeur générale, le Conseil administratif a décidé la semaine dernière de refuser la stèle proposée. Motif: l’obscénité car on y voit un sexe de femme. Quand la nouvelle est tombée, et que le motif de la stèle n’avait pas encore été dévoilé par la Tribune, on s’était imaginé le pire. Un buste en pierre de Grisélidis, seins nus, en porte-jarretelles et fumant le cigare. Ou une version hard du tableau «L’Origine du monde» de Gustave Courbet avec vue imprenable sur la toison obscure.

Rien de tout cela. L’œuvre montre certes un ventre et un sexe féminin mais hautement stylisés. Il n’y a aucune trace de vulgarité, aucune charge érotique capable de réveiller les morts et d’indigner les vivants. On a affaire ici à une évocation épurée de la féminité et de la sexualité comme on en trouve à la pelle dans les arts primitifs. Et c’est assez réussi.

Alors pourquoi tant d’émoi de l’exécutif? Va-t-il bientôt interdire dans les textes officiels la lettre Y qu’on pourrait aussi facilement assimiler à la représentation explicite d’un entrejambe féminin? On n’est pas loin de penser que ce puritanisme exacerbé trahit avant tout le souci de ne pas effaroucher le bourgeois. On pourrait en rire sauf que la Ville commence gentiment à nous taper sur le système avec sa morale bien-pensante et sa censure artistique à la petite semaine. En 2009, elle interdisait purement et simplement à l’humoriste Dieudonné de se produire dans une salle municipale. Sous prétexte qu’il risquait de déraper ou de susciter d’importants troubles publics. Heureusement la Mairie s’est fait désavouer par le Tribunal fédéral qui lui a rappelé que la liberté d’expression reste un droit fondamental. Contrairement à l’arbitraire et au fait de punir quelqu’un avant que le délit ne soit commis.

15:47 Publié dans Genève, Humeur, Société | Tags : grisélidis réal, dieudonné, genève, gouvernement | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Commentaires

Je comprend pas bien cette histoire, pourquoi mettre quelque chose sur la tombe de cette bonne personne?

Juste à côté il y a François Simon et surtout Luis Borgès, leurs 2 tombes sont très simples, alors faisons la même chose pour Grisélidis!

c'est nos politicos de gauche qui ont des problèmes de dépenses compulsives, avec l'argent des citoyens bien sûr, mais là c'est pas nouveau!

Je me dis ça tous les jours en passant devant la statue d'Ousman Sow à la rue du Mont Blanc, statue squatée par les roms et les dealers!

Écrit par : dominiquedegoumois | 07/04/2011

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