26/11/2010

Une pluie d’or s’abat sur Genève

Une pluie d’or s’abat sur Genève. Elle a pris d’abord la forme des hedge funds. Ces fonds de gestion sophistiqués, qui gèrent des milliards, ont commencé à s’installer à «Calvin city» il y a plus d’un an. Mal vus de la gauche, ils rapportent néanmoins une manne bienvenue dans les caisses de l’Etat.

Voilà maintenant qu’une seconde averse dorée vient de tomber: les sociétés de négoce de pétrole et d’énergie.


Emblématique du mouvement, le géant américain Weatherford (8,9 milliards de chiffre d’affaires) a transféré son siège à Genève. Et d’autres suivent, comme Trafigura ou Vitol, qui déplacent une partie importante de leur personnel des bords de la Tamise au bout du lac Léman. Selon le Financial Times, notre cité s’apprête à supplanter Londres comme capitale mondiale du pétrole.

Ajoutons à cela que les banques genevoises, secteur crucial pour le canton, ont retrouvé le sourire et que leurs bénéfices repartent à la hausse. Elles jouissent en outre de perspectives intéressantes. En ces temps de crise dans l’Union européenne, la Suisse apparaît toujours comme une place refuge. Notamment pour les capitaux des Européens qui n’ont plus confiance dans les institutions bancaires de leur pays.

Quand on sait par ailleurs que Genève a encore créé 30 000 emplois ces dernières années, on se dit que l’argent va continuer de couler à flots dans les caisses de l’Etat. On est prêt à parier que le déficit de 200 millions annoncé pour le budget 2011 sera fortement réduit malgré les investissements d’infrastructure, la hausse du nombre et des salaires des fonctionnaires et la recapitalisation des caisses de pension.

Mais cette pluie d’or profite-t-elle à la population? Oui, avec un bémol. Plus l’Etat est riche, plus il a de l’argent à consacrer à la santé, la formation, la culture ou à la sécurité. Ce qui profite à tous. En revanche, l’attractivité énorme de Genève accentue notablement les problèmes de logement. Par appât du gain, des propriétaires genevois préfèrent louer à prix surfait leur bien à des traders expatriés ou des employés de multinationales qu’à la population du cru moins argentée et plus soucieuse de ses droits. Un développement qui n’est pas sain car il engendre de la frustration et forme le terreau des mouvements populistes, type MCG. Pour sortir du cercle vicieux, il faut soit construire en masse pour détendre le marché, soit arrêter d’attirer des entreprises à la pelle par le biais de la fiscalité. Le vote populaire sur le projet de 2000 logements aux Cherpines devrait nous donner le cap à suivre.

09:10 Publié dans Genève | Tags : genève, hedge funds, weatherford, fiscalité, capitaux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

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