10/05/2010

La burqa masque des enjeux plus sérieux

Le voile est tombé. La cheffe du Département fédéral de justice et police, Eveline Widmer-Schlumpf, se prononce pour une interdiction de la burqa en Suisse. Au plus haut sommet de l’Etat, on est donc déterminé à combattre le symbole phare d’un islam rétrograde.

Ne nous voilons pas la face, il s’agit bien d’un revirement complet. Et ce dernier est dû au large succès de l’initiative populaire pour l’interdiction des minarets en novembre dernier. A l’époque, le Conseil fédéral plaidait encore avec force contre toute discrimination d’une religion. La majorité des partis se gaussait des initiants qui sonnaient le tocsin contre quatre malheureux minarets en Suisse.

Puis vint le choc.


L’initiative antiminarets est acceptée et la nouvelle fait les gros titres de la presse européenne. Tous les sondages effectués par les médias dans une douzaine de pays montrent que les citoyens européens auraient voté comme les Suisses. Un verrou saute et la France et la Belgique s’en prennent alors frontalement à la burqa. Et cette fois-ci, c’est la Suisse qui suit le mouvement.

Il faudra bien cependant arrêter de jouer avec les symboles et discuter franchement des choses. La burqa et les minarets ne posent pratiquement aucun problème en Suisse. Ils cristallisent simplement les crispations de la population envers ces musulmans qui veulent revendiquer leur foi de plus en plus dans l’espace public. Le port du voile au travail ou à l’école, la remise en cause de la mixité des cours de piscine, la volonté d’être soignés par un médecin du même sexe, le désir d’être enterrés à part, voilà quelques points de friction réels qu’il convient de traiter. La société suisse n’est pas prête à accepter un communautarisme rampant qui ne dit pas son nom. Dommage que ce débat doive passer par la case burqa pour avoir lieu.

18:09 Publié dans politique suisse | Tags : burqa, femmes, minarets | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.