15/01/2010

Genève doit interdire à la neige de tomber!

La pénurie de logements, la difficulté de trouver un premier emploi, le chômage de longue durée des plus de 50 ans, la hausse continuelle des primes maladie, ce ne sont que des broutilles. Le vrai, le seul fléau qui s’abat sur la République et ses serviteurs porte un nom terrifiant: la neige. Elle a paralysé Genève en début de semaine déclenchant la grogne d’une majorité de la population.

Des trottoirs non dégagés, des rues transformées en patinoires, des véhicules bloqués et des piétons faisant de l’équilibrisme, c’était une belle pagaille lundi. Il en fallait pourtant plus pour déstabiliser le chef de la Voirie municipale qui expliquait avoir renoncé au salage dimanche par économie et par souci écologique.

Il n’y avait donc pas de laisser-aller mais un puissant concept derrière ce joyeux foutoir.


Ce concept est-il partagé par Pierre Maudet, le patron politique de la Voirie, qui s’est fait plutôt discret sur le front médiatique pendant les intempéries? Peut-être. On se rappelle que le magistrat radical avait, début 2008, trouvé des vertus à la saleté de la ville au lendemain du réveillon. Loin de sermonner la Voirie, il avait soutenu que cela démontrait a contrario l’utilité de ce service tout au long de l’année.

Ce raisonnement audacieux a apparemment fait boule de neige. En témoigne cette déclaration stupéfiante du porte-parole de l’Aéroport dimanche dernier. Interrogé sur la raison pour laquelle Cointrin n’avait pas distribué des boissons et des en-cas aux milliers de voyageurs bloqués qui s’entassaient comme des bœufs dans l’aérogare, il a répondu par un pragmatisme rafraîchissant: «Le hall était tellement bondé qu’on ne pouvait plus s’y frayer un chemin.» Imparable. Il faudra la prochaine fois songer à organiser des couloirs humanitaires dans l’aérogare afin que le porte-parole puisse y distribuer quelques vivres.

La neige a fait également patiner les TPG. On ne parle pas des bus mais de la communication. Mercredi matin, les flocons tombaient en abondance sur Genève. Avant de sortir pour savoir si cela valait la peine de poireauter indéfiniment à l’arrêt de bus le plus proche, petit coup d’œil sur le site Internet des TPG. Rien. Pas un mot sur la neige, les perturbations, les retards, les lignes touchées, nada. Le site Web reste d’un blanc virginal. Quand tout à coup, miracle, on découvre une rubrique «A la Une» où figurent «les plus récentes informations et actualités des TPG». Quelle est la dernière nouvelle? L’arrivée du tram à Meyrin… le 12 décembre 2009.

Il y a des gens qui se noient dans un verre d’eau. Nous, on réussit l’exploit de se vautrer dans 10 cm de neige. Ce qui a déclenché l’hilarité des autres cantons de Suisse romande. Alors bien sûr, les promesses des élus vont tomber drues. Ils diront que c’était un malheureux épisode, que les leçons ont été tirées, etc. Le problème, c’est qu’on avait tenu le même discours en 1985 lors de la «neige du siècle».

Sachant cela, il vaut mieux prendre une mesure plus simple et plus définitive. Il faut que la Ville et le canton, main dans la main, promulguent un arrêté qui interdise la neige à Genève.

04:24 Publié dans Genève, Humeur | Tags : neige, genève, politiciens | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

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